UNITÉ, SOLIDARITÉ ET LIEN AVEC LE PEUPLE

Rapport de conclusion du débat mené par le Collectif des Prisonniers Politiques Basques

UNITÉ, SOLIDARITÉ ET LIEN AVEC LE PEUPLE

0. INTRODUCTION

Suite au processus ABIAN mené à bien par la Gauche Abertzale, le Collectif des Prisonnier.e.s Politiques Basques (EPPK) a entamé, en décembre dernier, un processus de réflexion visant à renouveler sa ligne d’action, sa dynamique et son organisation.
Tel que nous l’avions prévu, ce processus de réflexion s’est déroulé dans des conditions difficiles. Cependant, conscient.e.s de la place importante qu’occupe le Collectif dans la lutte de libération du Pays Basque, nous n’avons pas attendu que l’on nous offre des conditions adéquates pour mener ce débat.

En effet, une des options était de ne pas commencer un débat qui va considérablement influencer le processus de libération jusqu’à que le Collectif ainsi que chacun et chacune d’entre ne soyons regroupé.e.s. Nous avons considéré que cela pouvait déboucher sur une impasse pour le Collectif, portant préjudice à la phase politique émergeant au lendemain de l’arrêt de la lutte armée d’ETA, obligeant en grande partie la Gauche Abertzale à porter principalement son attention sur la situation des prisonnier.e.s au lieu de franchir de nouveaux pas dans le processus politique, l’isolant d’une dynamique politique chaque fois plus large.

Nous souhaitons rappeler les principaux paramètres selon lesquels nous avons mené ce processus de débat :

  • Publicité et transparence : le Collectif n’a rien à cacher, c’est pour cela que le contenu du processus de réflexion a été public, le débat s’étant déroulé au sein du Collectif et de ses assemblées. Le document proposé pour la réflexion et la ligne à suivre dans le futur a été approuvé et s’est enrichi des multiples opinions et apports reçus.

  • Ce processus de réflexion n’était pas un débat sur la stratégie politique générale – pour cela, le cadre est l'organisation à laquelle appartient chaque prisonnier.e – même si, inévitablement, les références et les mentions s’y rapportant ont été abondantes dans les apports. Ce processus de réflexion est un apport que le Collectif a voulu faire à la stratégie de la Gauche Abertzale.

  • De même, l’objectif de ce processus était que le Collectif devienne acteur du processus de libération.

  • Il a obtenu une large participation, tant en matière d’apport que de votes. La porte a été ouverte à ceux et celles, qui ces dernières années, ont montré leur désaccord avec la dynamique de la Gauche Abertzale, afin qu’ils puissent faire connaître leur opinion.

  • Si dans de nombreux endroits où cela a été possible les débats et les apports ont eu lieu en assemblée, les apports personnels ont également été nombreux. Le document de débat comprenant la nouvelle orientation a reçu l’approbation des membres par vote. Ce document définitif a été constitué d’idées et de critères compatibles, même si beaucoup d’inquiétudes, d’opinions et d’apports n’ont pas eu de place dans ce document, ils seront utiles dans le développement de la ligne à suivre dans le futur.

  • Il nous reste à renouveler les représentant.e.s généraux du Collectif et ceux et celles de chaque prison.

  • La nouvelle direction du Collectif établira le champ opérationnel grâce au document approuvé et aux apports qui l’enrichissent.

Lorsque nous entamions le débat nous soulignions deux caractéristiques majeures du Collectif : d’une part, le fait d’être une des principales références de lutte ; d’autre part, sa situation d’otage que l’ennemi a voulu utiliser pour nuire au processus de libération.

En ce qui concerne la première caractéristique, il était évident que le Collectif devait se renouveler et adapter son action pour continuer à être une référence. Si dans la phase de confrontation antérieure pour ne pas nuire au processus la clé principale était la résistance du Collectif et la solidarité du peuple à son égard, compte tenu des nouvelles caractéristiques liée à la phase actuelle, pour ne pas nuire au processus de libération mais l’aider, le Collectif doit être attentif à ce qui se passe à l’extérieur. Ainsi, il ne fera plus qu’un avec les dynamiques populaires du Pays Basque, en lien étroit avec le peuple, en rompant son isolement, en ntensifiant sa communication, en intégrant ses initiatives à celles du processus de libération.

Dans la nouvelle phase politique qui s’ouvre et se caractérise par la fin de la lutte armée d’ETA, les États veulent nous utiliser, nous prisonnier.e.s, ainsi que notre entourage pour jalonner d’obstacles le processus de dépassement du conflit, entraver le renforcement de la Gauche Abertzale, principale bénéficiaire de la décision d’ETA, et provoquer des scissions en son sein. En répondant à la Conférence d’Aiete, ETA a rempli sa part. Cela n’a pas été le cas de la part des États. Il est particulièrement éclairant que les premiers pas que l’État espagnol devait faire du point de vue des droits humains sur le front des prisons soient ceux utilisés pour alimenter le blocage et l’immobilisme (libération des prisonnier.e.s malades et des plus âgé.e.s, rapprochement au Pays Basque…)


 

Il suffit d’observer comment l’attitude des États s’est durcie ces six dernières années depuis qu’ETA a mis fin à la lutte armée pour comprendre leur stratégie. Derrière la cruauté des États il ne s’agit pas seulement d’une mesquine envie de vengeance. Sous le masque de la cruauté se cache en plus et surtout la volonté d’emprisonner et d’étouffer la Gauche Abertzale et le processus de libération, en durcissant de plus en plus la situation carcérale ; créer des contradictions internes dans la Gauche Abertzale et entre nos compagnons de route dans le processus indépendantiste, étendre l’impuissance et rendre les avancées du processus de libération chaque fois plus difficile à imaginer, voilà la pensée empoisonnée qu’ils veulent enraciner en chacun.e d’entre nous : s’ils ne libèrent même pas les prisonnier.e.s malades (autrement dit, si nous n’avons les forces suffisantes pour les faire libérer) comment obtiendrons-nous le rapprochement des prisonnier.e.s au Pays Basque ! Et ne parlons même pas de leur libération ! L’indépendance n’est pas pour demain !


 

Ce sont le PP, parti minoritaire et profondément corrompu, et certaines associations d’ultras formées à l’époque où le conflit armé était en vigueur des deux côtés, aidées par les médias leur servant de porte-voix, qui décident de la politique à mener contre les prisonnier.e.s. Toutefois, lorsqu’il s’agit de comprendre pourquoi les prisons sont encore pleines de prisonnier.e.s basques, la clef de voute se trouve dans l’attitude mesquine et cruelle que nombres d’autres acteurs ont maintenue contre nous et nos familles pour qui la libération des prisonnier.e.s et la direction d’un processus d’indépendance par de la Gauche Abertzale pourraient mettre en péril leurs intérêts politiques et économiques.


 

De nombreux apports ont été faits au document de débat autour de la lecture politique concernant la phase 2011-2016, même si l’analyse qui y figurait a globalement été jugée satisfaisante. Cependant, nous réaffirmons que le changement de stratégie et la façon de le mener ont laissé des traces au sein du Collectif. La critique la plus importante a été celle d’avoir laissé de côté les membres du Collectif à l’heure de prendre certaines décisions.

 

1. COMPOSITION ET SITUATION DU COLLECTIF

Le nombre de prisonnier.e.s basques est, heureusement, en baisse mois après mois, mais cette baisse n’est pas liée à la volonté des Etats, seulement au fait que nos compagnons accomplissent intégralement leur peine. Au moment où nous écrivons ce document issu du processus de débat d’EPPK, le Collectif est composé de 330 membres : trois d’entre nous sont en train de purger leur peine chez eux, deux autres sont dans les prisons du Pays Basque. Tou.te.s les autres, certain.ne.s plus près, d’autres plus éloigné.e.s, sommes expatrié.e.s, 250 dans les prisons espagnoles, 73 dans les prisons françaises et deux autres incarcéré.e.s dans les prisons portugaises et suisses.

Parmi nous il y en a 20 qui sont gravement malades et 3 qui ont plus de 70 ans.

Si nous avons été jugé.e.s et emprisonné.e.s pour appartenance à Euskadi Ta Askatasuna, la majorité d’entre nous avons été arrêté.e.s car accusé.e.s d’être en lien avec ETA, d’autres encore, avons été arrêté.e.s du fait de la doctrine « Tout est ETA » mise en place par le pouvoir officiel espagnol, alors que nous exercions notre militance dans différentes organisations de la Gauche Abertzale losqu’ils nous ont arrêté.e.s.


 

En ce qui concerne les années passées en prison, 14 d’entre nous purgent une peine de plus de 25 ans ; 23, une peine de plus de 20 ans ; 103, une peine de plus de 15 ans ; 82, une peine de plus de 10 ans ; 79, une peine de plus de 5 ans et le reste, une peine de moins de 5 ans.


 


 

2. TOURNÉ VERS L’AVENIR, ATTENTIF A L’EXTERIEUR


 

A l’issue de ce processus de débat, EPPK regardera l’avenir avec plus de force et sa ligne d’action sera en adéquation avec l’extérieur.

Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour multiplier la relation avec l’extérieur. Chaque membre, chaque assemblée et EPPK dans son ensemble, chacun.e à sa mesure, développera des initiatives en accord avec le peuple, partageant la situation vécue dedans avec l’extérieur, en nous efforçant d’agir à l’unisson avec les luttes menées à l’extérieures.

Lorsque nous prendrons part aux luttes extérieures, nous prisonnier.e.s, nous ne nous mettrons pas en avant-garde, notre volonté étant de n’être qu’un citoyen.e ou un militant.e de plus.

En ce sens, lorsque nous mènerons nos combats nous nous appuierons sur le soutien populaire, afin que les décideurs voient que nous ne sommes pas seuls face à la violence pénitentiaire, qu’ils se rendent compte qu’au-delà de nos proches il y a un peuple qui demande le respect de nos droits ainsi que notre libération.

 

3. ROLE DES PRISONNIER.E.S POLITIQUES DANS LA NOUVELLE PHASE DU PROCESSUS

Dans le but de définir quel devait être notre apport depuis la prison dans la nouvelle phase ouverte au lendemain de l’arrêt de l’utilisation de la lutte armé par ETA, voici les questions fondamentales qui ont jalonné nos réflexions ces derniers mois : Comment le Collectif va contribuer au dépassement du conflit? Quelles initiatives doit-il développer pour faciliter sa résolution ? Quel type de relation aura le Collectif avec les organisations et les personnes impliquées dans le dépassement du conflit et le processus indépendantiste ? Comment chacun.e d’entre nous va participer dans le processus indépendantiste ? Quel va être notre apport ? Comment va-t-on prendre part aux différentes initiatives ?

Et nous proposions 3 axes pour faire nos apports et mener nos réflexions : en tant que Collectif ; en tant que militant.e.s de la Gauche Abertzale emprisonné.e.s du fait de sa lutte pour la libération nationale du Pays Basque ; et en tant que citoyen.ne.s basques.

En ce sens, au regard des réponses recueillies à ces questions l’orientation choisie contiendra les caractéristiques suivantes:

  • Le Collectif sera au service des acteurs et groupes travaillant en faveur du processus de libération.

  • Dans la nouvelle étape du processus de libération, les prisonnier.e.s politiques seront des appuis, des garants et des compagnons de travail pour les initiatives impulsées par les divers acteurs du Pays Basque.

  • Notre participation se fera sans protagonisme dans le seul but de travailler au même niveau que n’importe quel militant.e ou citoyen.ne, dans la limite des obstacles inhérents à la prison. Chacun d’entre nous mènera son initiative en relation avec ses groupes locaux.

  • Pour cela, il faudra mettre en place des moyens permettant de faire le pont entre le Collectif, ainsi que chaque prisonnier.e, et la société, assurant ainsi notre participation.

  • Il sera de notre responsabilité également que le front des prisons ne constitue ni l’espace ni l’excuse pour créer des contradictions au sein de la Gauche Abertzale.

  • Enfin, nous continuerons, comme nous le faisions jusqu’à présent, à nous former pour perfectionner notre maîtrise de l’euskara, approfondir notre connaissance de l’histoire et de la lutte de notre peuple, et maîtriser des connaissances pouvant nous aider sur le chemin de l’indépendance.


Il est impossible de répertorier toutes les initiatives actuellement en cours au Pays Basque, la situation divergeant, de surcroit, selon les endroits. C’est pour cette raison que chacun.e d’entre nous devra définir avec les militant.e.s locaux de chez lui.elle la meilleure manière de mener son action militante.

En plus de nous joindre aux initiatives citoyennes, nous développerons notamment nos efforts dans deux domaines :

  • le dépassement des conséquences du conflit.

  • le processus indépendantiste.


 

4. RENOUVELLEMENT DE LA DYNAMIQUE: regrouper, rapprocher, libérer


 

Il s’agit du point qui a suscité le plus d’apports et d’inquiétudes au cours du processus de débat. De fait, la dynamique proposée apporte un changement considérable par rapport à la ligne marquée jusqu’à présent par le Collectif.


 

L’inquiétude majeure résidait dans la complémentarité à trouver entre la dynamique juridique et la réponse nécessaire face aux agressions découlant de la prison. Mais il y avait aussi le risque que l’approfondissement de la dynamique juridique soumette chaque membre au chantage des autorités pénitentiaires ou encore, celui d’ouvrir la porte à de nouvelles classifications du Collectif.

Selon la situation juridique de chaque prisonnier.e se poseront diverses possibilités dans la dynamique juridique. Ce sera à chacun de décider s’il choisit ou non les possibilités offertes par la dynamique juridique, chaque prisonnier.e décidant de procéder ou non aux demandes possibles ou aux diverses voies légales (rétentions, destinations carcérales, changements de grade, permissions, liberté conditionnelle, etc…), et dans son parcours, le membre aura l’appui et l’aide d’EPPK sur la base de la procédure définie ci-après.

L’objectif du renouvellement de la dynamique étant clair (solidarité et union entre les membres du Collectif) et, bien conscient.e.s que nous devons garder ce cap en accord avec les citoyen.ne.s (lien avec le peuple), voici ci-dessous la feuille de route que nous allons désormais suivre pour développer nos actions juridiques:

  • Chacun.e d’entre nous se responsabilisera de son propre dossier juridique

  • Nous étudierons ce dossier juridique avec l’aide des avocats pour identifier les différentes options existant au regard de la législation actuelle.

  • Après avoir constitué le dossier juridique et pénal de chacun, nous la ferons connaître dans un premier temps à la direction du Collectif, puis aux citoyen.ne.s, pour que localement on sache quelle est notre situation et à quoi nous devons faire face entre tou.te.s.

  • Après avoir analysé la voie juridique qu’offre chaque dossier, ce sera à chacun.e d’entre nous de faire son choix. Chacun.e informera son assemblée des démarches qu’il.elle souhaite mener à bien pour avoir l’accord et l’appui du Collectif.

  • Nous rechercherons l’appui et l’aide du Collectif, des acteurs et des citoyen.ne.s afin de faire face et de trouver une solution aux situations contradictoires pouvant émerger au moment de franchir des pas demandés par la législation.

  • Nous n’accepterons aucune mesure politique allant à l’encontre de notre caractère militant ou de mesure politiquement utilisée pour nuire au processus de libération. Que personne ne nous demande de repenti politique, ni de collaboration pour emprisonner ou allonger les condamnations d’autres camarades. Au Pays Basque, il y a une volonté de tourner la page de la confrontation armée, étant nous-mêmes d’accord avec ce choix pour le futur, que personne ne nous demande de renoncer ni à nos idées, ni à nos objectifs politiques. Dans tous les cas, nous rechercherons aide et appui auprès du Collectif et des citoyen.ne.s, qu’ils soient informés des obstacles mis sur notre chemin.

  • Chaque pas que nous ferons, nous le ferons non seulement en connaissance de cause mais aussi avec l’aval des divers acteurs et citoyen.ne.s.

  • D’autre part, beaucoup d’entre nous avons été emprisonné.e.s suite à des déclarations obtenues sous la torture ou à l’issue de séances de torture. Nous demanderons la révision de nos cas et que la décision soit prise au regard des normes internationales.

  • Nous utiliserons les voies légales pour obtenir notre liberté, parce que le dépassement du conflit l’exige. Nous sommes conscient.e.s que la légalité en vigueur nous mène vers un chemin opposé, qu’il n’y a pas d’issue. Nous travaillerons avec ceux et celles qui s’efforcent de changer cette législation de guerre en vigueur, qu’ils puissent se servir de nos cas.

  • Les autorités espagnoles continuent d’ouvrir des enquêtes, à imposer des condamnations très lourdes… Comme nous l’avons fait jusqu’à présent, nous continuerons de nous opposer à l’allongement de nos peines et aux nouvelles condamnations.

  • Nous travaillerons avec les associations ayant de l’expérience dans les processus de dépassement de conflit, en vue de l’application d’une justice transitionnelle et pour contourner les ruses que les États utiliseront par le biais des législations spéciales qu’ils nous appliquent.

  • Nous allons nous mettre en relation avec divers acteurs d’autres pays ayant connu des conflits armés pour apprendre comment dans leur pays ils ont réussi à dépasser les difficultés relatives à libération des prisonnier.e.s politiques.

Cette nouvelle orientation nous demandera à chacun.e un grand effort pour voir par-delà les murs, car cela sera certainement le seul moyen de franchir les obstacles auxquels nous allons être confronté.e.s.

Nous sommes conscient.e.s que les États essaieront inlassablement de faire obstacle et de fragiliser la nouvelle orientation du Collectif. C’est pourquoi, il nous faudra faire preuve d’une grande souplesse, afin que les pas franchis et les initiatives prises ne deviennent pas à leur tour des obstacles à la voie choisie.

Cette dynamique juridique n’est cependant pas l’unique composante de la stratégie effective de retour, son développement devant être soutenu par une stratégie politique, institutionnelle et sociale, afin d’accroître les possibilités.

L’espace juridique continuera d’être un lieu de confrontation et la nouvelle dynamique adoptée a pour objectif de renouveler fonction politique et de la rendre plus efficace, sachant que, tant que les États ne changeront pas d’attitude, ils accumuleront les contradictions creusant un peu plus au fil du temps le fossé entre le Pays Basque, et, l’Espagne et la France. Les États refusent le dépassement des conséquences du conflit parce qu’ils devraient ensuite affronter les raisons du conflit.

La mise en route du processus indépendantiste changera le nature et la fonction des prisonnier.e.s politiques, lorsqu’il apparaitra évident que les États nous retiennent comme otages politiques pour entraver le processus d’indépendance du Pays Basque.

Voici ce que seraient les trois axes majeurs de la nouvelle orientation :

_ En finir avec la dispersion, en regroupant le Collectif.

_ En finir avec l’expatriation, en regroupant le Collectif au Pays Basque.

_ Vider les prisons, en libérant les membres du Collectif.

Notre principale revendication est la libération de tous les otages. Chaque jour de notre emprisonnement alimente le conflit, éloigne la résolution

Notre but étant toujours la libération de tou.te.s, comme référence à la fin de l’expatriation et de la dispersion que nous vivons aujourd’hui, nous revendiquerons le regroupement dans la prison de Zaballa en ce qui concerne l’Espagne, et dans la prison de Mont de Marsan pour ce qui est de la France.

Notre objectif étant aussi la diminution du nombre de membres du Collectif, EPPK approuverait tout pas franchi vers la sortie des prisons, toujours avec l’accord de ses membres et l’appui des citoyen.ne.s. Ainsi, nous situant dans un processus de sortie des prisons, à savoir, exclusivement dans un processus dynamique ayant pour objectif la libération de tou.te.s, nous approuverions tous les regroupements, rapprochements et libération, même si le regroupement reste partiel, le rapprochement n’est pas en Euskal Herria, ou si la libération n’est pas définitive.

De fait, nous désapprouverions, et nous nous battrions contre, toute mesure d’isolement, tout emprisonnement. Dès lors que nous devrons faire face au chantage cruel auquel s’adonnent les appareils d’Etats avec nous et nos proches, nous rechercherons pour chacune de nos actions non seulement l’accord des membres du Collectif mais aussi l’aide et l’appui des citoyen.ne.s et du secteur social, syndical, politique et institutionnel.

Les deux conditions indispensables pour toute action allant dans un sens ou dans l’autre, aussi bien lors des différentes luttes à mener que lors de nouveaux pas à faire sur le plan juridique, seront l’accord du Collectif et le soutien populaire.

Le résultat de ce débat se terminant en 2017 devrait être le développement de la nouvelle orientation prise lors du débat d’EPPK en 2013. La position des États ne changera pas en fonction des mesures prises par EPPK. Quand bien même il y aurait une faille dans la posture rigide des États, la stratégie de sortie des prisons nécessitera autant la lutte qu’une stratégie politique, institutionnelle, sociale.
 

5. ORGANISATION

Pour clore ce processus de réflexion et faire face à la nouvelle situation, à savoir, afin d’être un compagnon de route dans la résolution du conflit et le processus indépendantiste, le Collectif a mis en marche un mécanisme pour la modification et le renouvellement de sa structure interne et de sa connexion à l’extérieur.

Depuis 2011, le Collectif a diminué de moitié et certain.e.s des représentant.e.s et porte-paroles que nous avions élu.e.s à l’époque sont dehors.

Désormais, EPPK aura une délégation composée de huit personnes, deux hommes et deux femmes élu.e.s parmi les otages des prisons de l’État espagnol, ainsi que deux autres hommes et femmes parmi les otages de l’État français. Deux de ces représentant.e.s seront les porte-paroles du Collectif. Les membres d’EPPK avons jusqu’à fin octobre prochain pour élire la nouvelle direction. Suite à cela, les noms des membres de la nouvelle direction seront rendus publics et ce sont eux.elles qui auront en charge la direction d’EPPK.

Dans ce nouveau cycle politique, EPPK étant un collectif composé de membres d’organisations diverses, il se considère comme un collectif de nature autonome.

Bien qu’il adhère pleinement à la ligne politique définie par la Gauche Abertzale, en tant que Collectif il s’exprimera également en sa voix propre sur les questions le concernant.

EPPK aura un lien politique direct avec la Gauche Abertzale ainsi qu’une relation directe avec les acteurs œuvrant en faveur du dépassement du conflit et du processus indépendantiste, le Collectif lui-même ne dépendant d’aucune organisation ou organisme en particulier.

En ce qui concerne l’attitude de ceux et celles qui se situent hors du Collectif, il faut d’une part, rappeler que le choix d’être membre d’EPPK se fait sur la base du volontariat, et, d’autre part souligner qu’EPPK n’est personne pour nier à quiconque son statut de prisonnier politique. Ce sera aux assemblées des prisons dans lesquelles se trouvent ces prisonnier.e.s de décider quel type de relation ils.elles ont avec eux.elles, sachant que l’origine de leur opposition et la divergence majeure qu’ils ont avec EPPK résident dans leur désaccord avec la ligne politique de la Gauche Abertzale.

 

6. ACTIONS A MENER

Le processus de débat nous a laissé de multiples tâches. Voici les principales :

  • L’élection les représentant.e.s.

  • L’analyse individuelle de chaque dossier juridique et la décision des initiatives et démarches à mener à bien.

  • L’information des citoyen.ne.s quant aux dossiers juridiques individuels.

  • L’étude des besoins les plus notoires du Collectif en partenariat avec les associations d’appui aux prisonnier.e.s et à leurs familles (aides de tous types, information locale, information politique, autres types de besoins…)

  • Proposition par la nouvelle direction de la nouvelle dynamique regroupant ces quatre axes majeurs :

    • L’adhésion aux initiatives qui s’organisent en faveur des prisonnier.e.s et de nos proches.

    • Les actions que nous mettrons en place depuis les prisons en lien avec la société basque.

    • Les actions que nous mènerons en accord avec les citoyen.ne.s face aux agressions issues du monde carcéral.

    • Les actions en lien avec le processus indépendantiste.

 

7. CONCLUSION

Si, selon déclaration d’Aiete, ETA prenait la responsabilité de la question des prisonnier.e.s, aucune perspective de négociation bilatérale n’existant à ce jour, EPPK remet, dans le cadre de la dynamique de la Gauche Abertzale, son sort entre les mains du peuple et du développement du processus indépendantiste, en liant la liberté de tou.te.s les prisonnier.e.s à la liberté du Pays Basque.

 

La direction d’EPPK

Le Pays Basque dans le cœur, juillet 2017


 


 


 


 


 

Rapport de conclusion du débat mené par le Collectif des Prisonniers Politiques Basques

Agenda:

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Iritzia:

UNITÉ, SOLIDARITÉ ET LIEN AVEC LE PEUPLE

Rapport de conclusion du débat mené par le Collectif des Prisonniers Politiques Basques

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